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Accueil > Trek & Bivouac > Randonner avec des enfants : 7 conseils testés après 400 km à pied en famille
C’est la question la plus fréquente, et on y répond de suite : Randonner avec des enfants, c’est possible.
On l’a fait, pendant 32 jours et plus de 400 kilomètres, à pied, avec nos 4 filles de 4 à 13 ans lorsque l’on a traversé les Alpes avec nos enfants. Et oui, il y a eu des râleries, des ampoules, des pauses câlins, et aussi des éclats de rire, des bivouacs sous les étoiles, mais surtout, on a créé une tonne de souvenirs.
Voici les 7 leçons qu’on a apprises, les vraies. Pas celles des blogs “théoriques”, mais celles du terrain.
Lorsqu’on regarde les photos de l’aventure dans sa galerie, ce ne sont pas forcément les paysages qui marquent, mais les visages, les moments partagés, les autres sur la photo.



> Une aventure familiale qui transforme
Randonner avec ses enfants, ce n’est pas juste marcher ensemble. C’est vivre un quotidien totalement différent, dans un rythme qu’on ne connaît plus vraiment : celui de la nature, du corps, du groupe (car oui ! partir à deux ou plus, c’est déjà un groupe). On part avec des sacs, des cartes, un itinéraire et des envies, et on revient avec des souvenirs gravés, des liens renforcés et une confiance collective renouvelée.
Pendant notre traversée des Alpes, on a vu nos 4 filles évoluer de façon incroyable.
Olivia (13 ans) filait dans les cols pour pouvoir lire tranquillement à l’arrivée. Jill (11 ans) adorait passer du temps avec nous, et c’est elle qui venait me soutenir quand Sue (4 ans) ou moi étions en difficulté. Yoko (6 ans)et Benoît formaient un binôme du tonnerre, toujours complices et efficaces.
Et Sue, du haut de ses 4 ans, nous a tout simplement épatés : elle a marché, grimpé, dormi sous tente, affronté la pluie — avec un courage et une bonne humeur qui nous ont bluffés. Et nous, parents, on a appris à les regarder différemment : plus fortes, plus autonomes, plus présentes que jamais.
La randonnée transforme la famille sans qu’on s’en rende compte. Il n’y a plus de hiérarchie d’âge ou de rôle : chacun met la main à la pâte, s’entraide, prend soin des autres. Ce sont des moments où la solidarité devient naturelle. Quand un enfant cale, l’autre l’encourage. Quand la pluie arrive, on se serre sous la même bâche. On devient une équipe.
Et puis, il y a les silences. Ceux qu’on partage, côte à côte, sur un sentier en balcon. Les chansons inventées. Les jeux absurdes pour faire passer les kilomètres. Les discussions improbables sur la vie, les loups, les tartines repassées préférées. Ce sont ces petits riens, vécus uniquement en marchant, qui rendent l’expérience inoubliable.
Oui, randonner avec ses enfants, c’est plus lent, plus aléatoire, parfois plus bruyant. Mais c’est aussi immensément plus riche. Et c’est, selon nous, un des plus beaux cadeaux qu’on puisse faire à sa famille.
Rejoignez-nous pour découvrir l’envers du décor !

> Marcher en famille, c’est avancer au rythme du plus fragile
En randonnée familiale, ce n’est pas aux enfants de suivre le rythme des adultes. C’est à nous de ralentir, d’observer, d’écouter — surtout les plus petits. Dès qu’on marche avec plusieurs âges, le plus jeune ou le plus fatigué devient le vrai tempo du groupe. Et ça change tout.
On a vite compris que marcher en famille, ce n’est pas une course. C’est une dynamique collective où la réussite passe par l’attention qu’on porte à celui ou celle qui a besoin qu’on ralentisse. Si un enfant est fatigué, on ajuste. Si l’un s’ennuie, on échange les partenaires de marche. Un jour, Yoko n’avait pas envie d’avancer : on l’a mise avec sa grande sœur qui a raconté une histoire pendant 2 kilomètres. Et elle a oublié qu’elle marchait.
Créer des binômes, varier les compagnons, inverser les rôles — c’est ça, la vraie logistique d’un trek familial. Ce n’est pas juste tracer un itinéraire, c’est construire une aventure en famille vivante où chacun trouve sa place, même (et surtout) ceux qui vont moins vite.
Et surtout : une journée n’est jamais l’autre. Parfois tout roule, parfois rien ne va. Et c’est là que la flexibilité devient votre meilleure alliée. Un enfant qui a super bien marché hier peut avoir un gros coup de mou aujourd’hui. Le ciel peut changer, l’ambiance aussi. Prévoir une tente légère ou réserver un refuge, peut faire toute la différence. Parce qu’avoir la liberté de s’arrêter où le groupe en a besoin, c’est une forme d’intelligence parentale. Courir pour atteindre un gîte coûte que coûte n’a jamais sauvé une rando. Être libre de dire “on s’arrête ici”, si.
Cette notion de choix entre refuge et tente est importante et doit être clarifiée dès la préparation de votre itinéraire. Avec des enfants en bas âge, je privilégierais la tente, plus flexible.
Adaptez vos distances, vos attentes et votre regard. Et vous verrez que la magie de la randonnée en famille, elle commence précisément là : quand on accepte d’aller moins vite, mais d’aller ensemble.

> Pause ≠ perte de temps
Quand on part marcher avec des enfants, il faut complètement repenser notre rapport au temps. Ce qu’on appelait “pause” avant devient une vraie composante du chemin. Ce n’est pas un simple arrêt technique ou une coupure pour reprendre son souffle, c’est un moment de respiration dans tous les sens du terme : on s’hydrate, on se reconnecte, on relâche, on observe. Et c’est souvent dans ces moments-là que les plus beaux souvenirs se créent.
De notre côté, on a très Très vite, on a compris que pour que ça tienne sur la durée, les pauses devaient être pensées à l’avance et devenir des petits rituels. Ce n’est pas juste ‘on s’arrête quand on n’en peut plus’, mais plutôt ‘on sait quand et pourquoi on va s’arrêter’. Cette régularité-là, ça rassure les enfants, ça donne un rythme, et ça évite les craquages imprévus. Avant, nos pauses étaient un peu à l’arrache, quand on en avait envie… mais au final, ça freinait l’avancée et ça finissait par créer de la frustration.
Ce système, on l’a mis en place pour une raison très simple : éviter les découragements. Plutôt que d’avoir des enfants qui demandent toutes les 10 minutes “quand est-ce qu’on s’arrête ?”, on peut leur dire précisément : “encore 600 mètres et on fait une pause”. Et ça change tout. Ils savent à quoi s’attendre. Le chemin devient prévisible, donc gérable.
En montagne, les distances perdent un peu de leur sens. 2 km, ça peut être une montée infernale ou une douce descente. Du coup, on change de logique : on ne fait plus des pauses au kilomètre, mais par objectif visuel. On se dit : “on s’arrête au prochain col”, “à la sortie de la forêt”, “au niveau du bosquet là-bas”. Et ça fonctionne mieux. C’est plus concret, plus visible, plus motivant pour les enfants.
Mais ce qui compte le plus, c’est de rester à l’écoute de l’enfant. On a appris à reconnaître les signes : la démarche qui ralentit, le regard dans le vide, le “je veux plus marcher”. On a eu des situations où l’un de nos enfants voulait s’arrêter à 200 mètres du col, littéralement à vue. Eh bien on s’est arrêté. Parce que ce n’est pas un marathon. Ce n’est pas une course.
Et forcer un enfant, c’est risquer de lui faire détester ce qu’on essaie de lui faire aimer.
On essaie toujours de trouver les bons endroits à l’avance pour les pauses : un coin d’ombre, un banc indiqué sur la carte, un point d’eau si possible. On ne laisse pas la fatigue décider seule. Et comme on n’avait pas de refuge à atteindre chaque soir, on était libres de nous arrêter tôt. On commençait à marcher tôt le matin, et on s’arrêtait généralement entre 15h et 16h, pour avoir le temps de souffler, jouer, installer le bivouac tranquillement.
Ce sont ces moments-là, en pause, qui créent la magie de la randonnée en famille. Et si un jour on a moins marché, ce n’était pas grave. L’objectif n’était pas d’atteindre un chiffre. C’était de construire un souvenir commun, ensemble, à leur rythme… et au nôtre aussi.
Une randonnée réussie avec des enfants, ce n’est pas une ligne droite. C’est une suite de micro-aventures. Et les pauses, bien pensées, sont les respirations qui rendent tout le reste possible.

> Confort = plaisir (et moins de râleries)
Un enfant mal chaussé, mal assis ou mal abrité devient vite un enfant mal luné. On l’a appris à nos dépens. Une chaussure trop rigide pour Yoko, un sac trop lourd pour Jill, un matelas qui se dégonfle en pleine nuit… et c’est toute la dynamique familiale qui déraille.Au fil de notre expérience dans la randonnée , on a compris une chose essentielle : la légèreté change tout. Moins de poids, c’est moins de fatigue, plus de fluidité… et plus de plaisir pour tout le monde. Mais attention, léger ne veut pas dire fragile ou “cheap”.On entend souvent que les enfants “n’ont pas besoin de matériel haut de gamme”. C’est une erreur. En randonnée longue, un enfant a besoin du même confort, de la même protection, et de la même fiabilité qu’un adulte. Ce n’est pas un “bonus”, c’est un prérequis pour que ça se passe bien.Investir dans du bon matériel pour toute la famille, ce n’est pas du luxe. C’est ce qui rend l’aventure possible, et surtout durable.Et si tu veux nos conseils concrets (chaussures, sacs, matelas…), on t’a tout mis dans l’article : “Notre matériel minimaliste pour enfants en trek”

La motivation d’un enfant en randonnée est une matière vivante. Elle change d’un jour à l’autre, parfois d’une heure à l’autre. Ce matin-là, elle chantait en marchant. Cet après-midi, chaque pas est un supplice. Ça peut être un caillou dans la chaussure, une nuit agitée, une montée un peu trop longue, ou simplement l’envie d’être ailleurs. Et c’est normal.
On l’a compris très tôt sur le GR5 : la motivation ne se décrète pas. Elle se construit, se cultive, se partage. Et elle ne repose pas uniquement sur les épaules de l’enfant. Elle repose sur le groupe. C’est une affaire d’équipe. De liens. De regard. De confiance.
On joue beaucoup : des défis absurdes, des petites missions (“jusqu’au rocher pointu”, “trouve une plume”, “invente une chanson de marche”), des histoires inventées en marchant, des quizz animaux, des jeux de rôle… Parfois, ce sont les enfants qui les créent eux-mêmes. Et ça change l’ambiance. Mais aussi, on laisse du temps à nos ados.
Olivia adorait grimper en tête pour s’installer tranquillement en haut des cols. C’était son moment à elle : sortir la popote, bouquiner, observer les randonneurs qui arrivaient au compte-gouttes… Pas de souci côté solitude, elle avait toujours son talkie-walkie à portée. Et d’ailleurs, c’est un super conseil à retenir : elle papotait même avec ses sœurs encore en train de grimper, ce qui les motivait autant que ça les amusait.
Mais ce qui motive le plus, ce sont les mots qu’on pose : “Tu as monté cette côte sans râler, bravo.” “Tu as aidé ta sœur, c’était super.” “Tu t’es écoutée et tu as demandé une pause, bien joué.” On ne célèbre pas la performance. On valorise l’attitude, l’attention, l’effort. C’est ce qui donne envie d’avancer.
Et si jamais vous oubliez d’encourager, ne vous tracassez pas : les randonneurs que vous croiserez seront souvent bluffés. Leurs mots d’encouragements spontanés toucheront vos enfants en plein cœur… et leur donneront un sacré coup de boost.
Et surtout, on garde une marge de souplesse. Il y a des jours où l’un d’eux bloque. Ça ne passe pas. On peut insister, hausser le ton, dire “allez, encore un effort”… ou alors on peut s’arrêter. Sortir un bonbon secret. Prendre le temps.
Changer de sujet. Porter. Faire autrement. Avancer différemment.
Non, on ne les a jamais portées. Tout simplement parce qu’on savait que ça ouvrirait la boîte de Pandore : elles en auraient vite abusé. Et puis, on avait une bonne excuse — nos sacs étaient déjà bien trop lourds ! À choisir, on préférait faire une pause plutôt que de porter (surtout avec Sue qui n’avait que 4 ans).
Cela veut ainsi dire : ne faire « que » 7 km au lieu de 12. Et parfois, ça veut dire ne pas avancer du tout pendant une heure. Juste parce que l’un d’eux a besoin de se reposer. Et ce n’est pas une faiblesse. C’est l’essence même de l’aventure en famille.
On leur avait laissé le choix. Reprendre le Saint-Jacques ou faire le GR5. Elles ont choisi les Alpes. Elles ont dit oui au défi, oui à l’effort. Mais ce “oui” n’efface pas les moments de doute, les jambes fatiguées, l’ennui, les colères parfois. Et c’est à nous, adultes, de naviguer là-dedans avec douceur. Bon j’avoue, des colères on en a pas eu. Mais je peux comprendre que cela arrive.
Et oui, parfois, un bonbon suffit. Ou un petit massage de pieds. Ou une pause pour écouter le vent. Ou un moment où on lâche prise sur le planning. C’est tout ça, motiver un enfant. C’est un art. Et c’est aussi ce qui rend l’aventure magique.

On l’a compris dès les premiers jours : on ne fait pas avancer un enfant fatigué, affamé ou déshydraté. C’est mission impossible. Pas de raccourci. Pas de bonne volonté qui tienne. Quand l’un de ces trois besoins est bancal, tout le reste s’effondre. Donc avant de penser à l’altitude, aux kilomètres ou aux cols à franchir, on pense à ça : manger, boire, dormir. Point.
On ne part jamais sans une réserve de snacks. Et pas juste une barre de céréales au fond du sac “au cas où”. Non : on prévoit large, et on répartit. Fruits secs, graines, barres, biscuits, ficelle, bonbons “secrets” sortis au bon moment… Tout ce qui redonne le sourire en montée.
Et dès qu’on peut faire un repas chaud, on le fait. Même si c’est juste une soupe, une purée déshydratée ou des nouilles instant. Un plat chaud, c’est du réconfort. Et avec des enfants, le réconfort, c’est aussi du carburant.
Découvrir notre article sur l’alimentation en randonnée
On a eu la chance de comprendre cette partie-là avant de partir. Sans système de filtration, on aurait dû porter 18 kg d’eau. Autant dire : mission suicide. Grâce à nos gourdes filtrantes, on a pu boire l’eau des rivières et recharger tout le temps. Et ça, ça change tout.
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Mais surtout : les enfants n’ont pas le réflexe de boire. Et ils se déshydratent plus vite que nous. De notre côté, on a pris ces gourdes filtrantes ÖKO et on les a placées stratégiquement dans les sacs à dos pour qu’elles soient faciles à attraper. Résultat : ils boivent régulièrement, presque sans y penser.
Si la nuit se passe mal, la journée qui suit est plombée. C’est aussi simple (et aussi radical) que ça. On l’a vécu. Alors on a mis le paquet sur le confort de nuit : matelas fiable, sac de couchage adapté, bonnet s’il fait froid, doudou bien calé, petite lumière, et surtout : un rituel.
Même sous la tente, on essaie de garder un repère : un petit mot du soir, une chanson, un moment calme ensemble. Parce que marcher demande de l’énergie, mais bien dormir, c’est ce qui permet d’en retrouver. Et quand on dort bien, on peut encaisser une journée entière de marche, même avec des enfants. Par souci de simplicité, la répartition des tentes se faisait ainsi : Olivia, Jill et Yoko dans l’une, et nous avec Sue dans l’autre.
Manger, boire, dormir : ce sont les vraies priorités d’un trek en famille. Pas les cols. Pas les étapes. Pas le planning. Ces trois besoins sont la fondation. Le reste — la marche, les paysages, la fierté, les souvenirs — vient naturellement ensuite. Mais si on les néglige, même la plus belle randonnée se transforme en cauchemar.

> Parce que tout ne se passera jamais comme prévu (et c’est ok)
Il y a cette image rêvée de la randonnée en famille : les enfants qui chantent en file indienne, le soleil qui brille, l’itinéraire bien balisé. Et puis, il y a la réalité :
un orage qui éclate plus tôt que prévu, un chemin fermé pour cause d’éboulement, une gourde oubliée, une chaussette perdue, ou un doudou perdu… Et là, tout peut basculer.
Mais ce n’est pas un bug. C’est le cœur même de l’aventure. On a appris à ne pas tout prévoir, mais à rester prêts à s’adapter. À avoir un plan B (et parfois un plan C), mais aussi à savoir changer de plan sur un coup de vent.
Quand un enfant tombe (sans gravité) et n’a plus envie de bouger, on sort la tente à 14h et on transforme l’après-midi en cocon.
On est même allés sonner chez des inconnus… et on a dormi dans leur jardin. Une dame nous a ouvert avec un sourire, offert du sirop, les enfants ont joué avec les jouets de ses petits-enfants. Ce genre d’accueil, inattendu et humain, est devenu l’un des plus beaux souvenirs de notre traversée.
La clé ? Anticiper, oui, mais surtout rester souple.
Avoir une trousse de secours bien pensée (on a fait une vidéo sur cette thématique : Notre trousse à pharmacie). Une couverture de survie. Un vêtement sec dans un sac étanche. De quoi faire patienter sous un abri. Et toujours garder une grande dose de calme et de créativité.
Il y a eu aussi des moments plus durs, où on a hésité à abandonner. Malades, épuisés, trempés jusqu’aux os… Mais on s’est reposés. On a attendu. On a laissé le corps et le moral reprendre.
Et souvent, c’est dans ces imprévus que se nichent les souvenirs les plus forts.
Alors non, tout ne se passera pas comme prévu. Et tant mieux. L’imprévu fait partie de la magie du trek en famille.

> On n’est pas là pour battre un record, mais pour construire un souvenir
Quand on part marcher en famille, la performance n’est plus un objectif. C’est un piège. On le dit souvent avec le sourire, mais c’est du vécu : vouloir « avancer vite » avec des enfants, c’est aller droit dans le mur. À moins de vouloir ruiner l’ambiance, l’énergie et surtout… le plaisir.
On a commencé le GR5 avec cette idée qu’on allait peut-être « tenir un bon rythme ». Mais très vite, on a compris : ce rythme-là, il ne peut pas être calqué sur celui d’un adulte. Parce que marcher pour un enfant, ce n’est pas seulement avancer. C’est s’arrêter, observer, poser des questions, rêver, discuter, râler, jouer… bref, vivre.
Il faut réapprendre à lire la performance autrement. Ce n’est plus le nombre de kilomètres qui compte. C’est le sourire au bout du chemin, la petite voix qui dit “c’était trop bien aujourd’hui”, les jambes encore prêtes à repartir le lendemain.
On a vu nos enfants progresser, mais à leur manière : par paliers, par surprises. Un jour Sue traîne les pieds au bout de 3 kilomètres. Le lendemain, elle grimpe 500 mètres de dénivelé sans broncher. C’est comme ça. Et ça ne se mesure pas avec une montre.
En fait, marcher en famille, c’est accepter d’être dans un temps long, un temps doux. On fait moins de distance ? Très bien. On s’arrête plus souvent ? Parfait. On prend un jour de pause ? C’est exactement ce qu’il fallait. La randonnée devient alors un terrain d’écoute, pas une course d’endurance.
Et nous, les parents, on doit être les premiers à s’adapter. On a parfois eu du mal à lâcher cette idée de “cocher des étapes”. Il y avait ce moment où on se disait : “Allez, encore deux kilomètres, on peut le faire…” Et là, on voyait que ça ne suivait plus derrière. Fatigue, moral en berne, tensions. Et c’est là qu’on a appris à dire : “Stop. On s’arrête là. Et c’est très bien comme ça.”
Parce que ce qu’on veut transmettre à nos enfants, ce n’est pas le goût de la souffrance gratuite ou de la performance à tout prix. C’est le goût de l’effort joyeux, de la persévérance douce, de la fierté partagée. Et ça, ça passe par le respect de leur tempo.
Et au fond, ce qu’on a gagné, c’est bien plus précieux que des kilomètres. Ce sont des souvenirs solides. Des moments d’équipe. Des “on l’a fait ensemble” que rien ne pourra effacer. Même si on a zappé un col. Même si on a coupé par la vallée. Même si on a fini l’étape deux heures plus tôt.
> Tu veux savoir comment on a adapté nos étapes, quelles distances on visait selon l’âge des enfants, ou comment on a géré les pauses ? On te raconte tout ça dans notre article “Notre traversée des Alpes en famille”.
Faire 400 km à pied avec nos 4 filles n’a pas été une promenade de santé. Il y a eu des moments de doute, des crises de fatigue, des chaussettes trempées, des tentes montées sous la pluie, des étapes raccourcies, des plans changés. Mais il y a surtout eu un concentré de vie comme on en vit rarement. Des regards échangés au sommet d’un col. Des histoires inventées sur des kilomètres. Des mains tendues, des fous rires, des silences. Et surtout… une équipe soudée.
Ce trek, c’est probablement l’une des expériences les plus fortes que nous ayons vécues en famille. Chaque pas, chaque pause, chaque imprévu a construit quelque chose en nous — et entre nous. On est partis pour marcher. Mais on est revenus changés. Plus confiants. Plus unis. Et remplis de souvenirs qui nous suivront longtemps. Si tu as été jusqu’à la fin de cet article, c’est que cette thématique t’intéresse. On en a fait un bilan en vidéo qui répond à pas mal de question sur notre aventure à eécouvrir ici
Randonner avec ses enfants, ce n’est pas une lubie de parents sportifs. Ce n’est pas une course, ni un exploit. C’est un choix de vivre autrement, de ralentir, d’observer le monde à hauteur d’enfant. C’est une école de patience, d’adaptation, de simplicité. Et surtout, c’est une aventure profondément humaine. Avec ses tensions, ses rebondissements, mais aussi ses grandes joies. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est toujours riche. Et surtout, c’est possible.
Alors si l’idée de marcher en famille te trotte dans la tête, commence petit. Un week-end pas loin de chez toi. Une nuit sous tente dans un jardin. Une journée avec pique-nique et cartes au trésor. Il ne s’agit pas de copier notre aventure, mais de créer la vôtre. À votre rythme. Avec vos envies. Vos contraintes. Chaque famille invente son chemin.
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