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Après avoir goûté à la liberté des yourtes durant notre voyage au Kirghizstan, nous avons franchi la frontière pour plonger dans l’histoire millénaire de l’Ouzbékistan. Si nous y avons passé trois semaines, nous avons réalisé qu’en 15 jours, il est possible de capturer l’essence de ce pays sans transformer le voyage en marathon, surtout avec quatre enfants.
L’Ouzbékistan est intense. La chaleur, la richesse des détails architecturaux et l’effervescence des bazars peuvent saturer les sens. Nous avons « étiré » le temps car nous avions le temps, mais pour un voyageur classique, concentrer l’aventure permet de garder cet émerveillement intact.
Préparez votre départ avec nos bons plans testés et approuvés.

Je précise ce point ici car il a son importance : nous avons fait, je pense, une petite erreur de parcours en faisant l’impasse sur Khiva.
En réalité, nous avons été confrontés à un problème de réservation de train pour lequel nous nous y sommes pris trop tard. Si nous avions réussi à obtenir un aller de Boukhara vers Khiva, il nous était impossible de trouver un billet de retour vers Tachkent.
Or, notre calendrier était serré : nous devions impérativement être à la capitale à une date précise pour prendre notre vol et entamer l’étape suivante de notre aventure : la traversée de la Corée du Sud à vélo.
Pour rejoindre Tachkent depuis Bichkek, nous avons choisi la route via le poste de Chaldybar, traversant les steppes kazakhes en taxi privé.
Après une escale d’une nuit à Chimkent pour préserver le rythme des enfants, nous avons franchi la frontière à Kaplanbek, un poste plus calme et rapide.
Ce périple terrestre de deux jours a marqué une transition parfaite, tout en douceur, vers l’effervescence ouzbèke.
À Tachkent, nous avons logé à la Mikasa Family Guesthouse. C’est un établissement au style un peu vieillot et situé dans un quartier avec peu de commodités immédiates, mais il a parfaitement rempli sa mission : être à deux pas de la gare pour faciliter nos déplacements.
Car dès le lendemain, nous avons décidé de partir pour Samarcande. En effet, nous avons voulut visiter la capitale en dernier.





À Samarcande, l’idée n’est pas de courir après les monuments, mais de s’imprégner de leur démesure.
On a commencé par le Registan en prenant vraiment notre temps pour explorer chaque recoin des trois médersas, avant d’y retourner à la nuit tombée juste pour voir les lumières s’allumer sur les façades bleues ; c’est un spectacle magnifique et, même s’il faisait un peu froid une fois le soleil couché, on ne s’en lasse pas.
Le lendemain, on a filé au mausolée Gour-Emir pour admirer sa coupole dorée incroyable, puis on a enchaîné avec la mosquée Bibi-Khanym.
Juste à côté, on a adoré se perdre dans le Bazar Siyob : l’odeur du pain chaud de Samarcande qui sort du four est irrésistible, et c’est le goûter parfait pour les enfants entre deux visites.
Pour notre troisième jour, on a eu un énorme coup de cœur pour Chah-e-Zinde, cette allée de tombeaux aux mosaïques d’un bleu électrique presque irréel, surtout quand on y va tôt pour avoir le site presque pour nous.
Enfin, il ne faut pas oublier de visiter l’Observatoire d’Oulougbek pour la touche historique, mais aussi le village de Konigil.
À seulement quelques minutes de taxi du centre, se retrouver au bord de l’eau à regarder les moulins fabriquer du papier de soie artisanal est une expérience vraiment reposante qui change du rythme de la ville.
Pour se déplacer de ville en ville, le train est sans doute l’option la plus magique en Ouzbékistan, à condition d’anticiper.
Nous avons utilisé le site officiel railway.uz pour toutes nos réservations.
Un conseil d’ami : n’attendez pas le dernier moment car les billets partent très vite, notamment pour l’Afrosiyob, ce train ultra-rapide qui relie les grandes cités en un temps record.
Si les trajets de jour sont d’une efficacité redoutable, ne boudez pas le bonheur des trains de nuit.
Il y a quelque chose de profondément poétique à s’installer dans son compartiment, à regarder défiler les paysages désertiques à la lueur de la lune et à se laisser bercer par le roulement régulier des rails.
Se réveiller au petit matin à l’autre bout du pays est une expérience hors du temps, une petite aventure dans l’aventure que nos enfants ont adorée.
Je vous laisse cliquer sur la vidéo ci-dessous pour découvrir en 1 mn, notre voyage en train de nuit en Ouzbékistan.

Pour notre séjour, nous avons choisi de loger tout près du Registan.
Sur le papier, l’idée était parfaite pour être au cœur de l’action, mais l’expérience a été plus que mitigée : entre la propreté franchement pas folichonne et une odeur d’égout persistante dans les toilettes, le confort n’était pas au rendez-vous.
En prime, l’hôtel avait des murs « en papier de riz » : nous avons partagé malgré nous le quotidien d’une autre famille dont le bruit était infernal.
C’est le risque dans certaines guesthouses anciennes où l’isolation phonique est inexistante. Je laisse le nom de l’hôtel pour que vous puissiez l’éviter : Guesthouse Anora 1.
Si c’était à refaire, nous chercherions un compromis entre proximité et confort moderne.
Dans le même quartier, le Cozy Place near Iconic Registan semble être une option bien plus qualitative pour éviter les mauvaises surprises sonores et sanitaires, tout en restant à quelques minutes à pied des monuments bleus.
Pour la suite de notre périple, nous avons rejoint Boukhara en train de jour, une option très reposante qui permet de voir les paysages désertiques défiler doucement.
Si Samarcande nous a impressionnés par sa démesure, Boukhara nous a séduits par son âme. C’est une ville-musée où l’on perd le fil du temps dans les ruelles du centre historique médiéval.
L’ambiance y est unique : on se sent en totale sécurité, à tel point qu’une femme seule pourrait y voyager sans aucun souci.
Dans les bazars, contrairement à d’autres pays, les vendeurs ne vous alpaguent pas ; ils vous laissent déambuler librement, ce qui rend l’expérience bien plus agréable pour faire quelques emplettes (comme un peigne en bois ou des vêtements pour les filles).
Nous avons adoré explorer les madrasas, notamment celle ornée de deux magnifiques oiseaux face au soleil. On a aussi testé une visite plus interactive dans un ancien caravansérail.
Petite anecdote de voyage : pour rafraîchir l’air, ils pulvérisent de l’eau, mais l’odeur de l’eau stagnante était si particulière que l’une de nos filles a littéralement coupé sa respiration pour ne plus rien sentir !
On a fini notre séjour en flânant sur les places, en mangeant des pains au chocolat sur une place de parking (3 pour 2 € !) et en savourant cette atmosphère si paisible.
Boukhara n’est pas qu’une étape historique, c’est une véritable bulle de sérénité.
Après notre déconvenue à Samarcande, nous avons trouvé une véritable pépite : l’Hôtel Rumi. C’est sans doute dans notre Top 3 de tout notre voyage en Asie Centrale.
L’accueil est exceptionnel (on a même reçu un message adorable de la gérante sur l’éducation de nos filles) et le petit-déjeuner buffet est un régal : un mélange parfait entre l’Europe et l’Asie Centrale avec des fruits frais, du porridge et des spécialités locales. Pour info, ils parlent aussi français !
Pour clore notre voyage en Ouzbékistan, nous avons rejoint la capitale par le mythique train de nuit depuis Boukhara.
Oubliez le confort feutré de l’Afrosiyob : ici, on plonge dans l’ambiance « dortoir géant ». C’est une expérience à vivre au moins une fois : on reçoit son pack de draps, on fait son propre lit dans un wagon ouvert où l’intimité est inexistante.
Entre les pieds qui dépassent dans le couloir (difficile pour Benoît et ses 1m90 !), les ronflements et la chaleur étouffante des couchettes du bas, la nuit a été courte.
Mais pour les filles, c’était une aventure inoubliable, une sorte de colonie de vacances sur rails.
Arrivés à Tachkent à 5h du matin, nous avons découvert une ville qui ne ressemble en rien à ce que nous avions vu précédemment.
C’est une capitale verdoyante, aérée, où le béton soviétique rencontre l’élégance orientale.
L’un de nos grands coups de cœur a été la visite des stations de métro.
Pour seulement 10 centimes d’euro le ticket, vous accédez à de véritables palais souterrains.
Nous avons adoré la station Kosmonavtlar, dédiée à la conquête spatiale avec ses portraits de Valentina Terechkova et Youri Gagarine dans une ambiance bleutée futuriste.
Chaque arrêt est une surprise : lustres en cristal, marbre beige de 1977 ou designs géométriques typiques de l’ère soviétique. C’est le « boulot-métro-dodo » le plus artistique que nous ayons jamais connu !
Tachkent est aussi un terrain de jeu fascinant pour les amateurs d’architecture brutaliste.
Nous avons eu la chance de pénétrer dans le bâtiment Zhemchug (la « Perle »), une tour résidentielle expérimentale des années 60.
L’idée de l’architecte était géniale : créer des cours intérieures communes tous les trois étages pour retrouver l’esprit des villages ouzbeks, mais de manière verticale.
Même si le bâtiment est aujourd’hui un peu « dans son jus », la vue depuis les étages et ces espaces de vie partagés sont incroyables.
Nous avons terminé notre exploration par le Palais des Expositions et le Musée d’Histoire, avant de réaliser que notre aventure en Asie Centrale touchait à sa fin.
Ce voyage nous a bousculés, nous a sortis de notre zone de confort et nous a émerveillés par sa richesse culturelle.
Mais déjà, nos esprits se tournent vers l’Est…
Dans quelques jours, nous troquons les trains et les taxis pour nos vélos : direction la Corée du Sud pour une traversée de 600 km du Nord au Sud !
Pour notre séjour dans la capitale, nous avons posé nos valises au
Art City Hostel.
C’est une adresse que nous recommandons sans hésiter : l’endroit est propre, net et très bien tenu.
Le gros point fort, c’est leur petit-déjeuner qui est vraiment extra et copieux, de quoi bien commencer la journée avant d’arpenter les larges avenues de la ville.
Petit conseil de voyageurs : n’hésitez pas à négocier un peu le tarif à votre arrivée, surtout si vous voyagez en famille ou pour plusieurs nuits, cela fait partie du jeu local !
Vols
Nous sommes arrivés à pied du Kirghizstan.
Dépenses sur place
En 2 semaines, nous avons dépensé environ 2100 €, soit 140 € par jour pour une famille de 6.
Cela inclut : hébergements, nourriture, transports (taxis, train, etc), visites et petits extras.
Voici les réponses aux questions qu’on nous pose le plus souvent (cliquez sur le titre)
Nous y étions fin septembre, et c’est, à notre avis, la période idéale. Après les chaleurs écrasantes de l’été qui peuvent dépasser les 40°C, septembre offre un climat enfin respirable, avec des journées douces et ensoleillées.
C’est aussi la pleine saison des récoltes : les étals des bazars croulent sous les melons et les pastèques, réputés pour être les meilleurs au monde. Si vous ne pouvez pas partir à l’automne, le printemps (d’avril à juin) est l’autre fenêtre parfaite pour découvrir la Route de la Soie sans souffrir de la canicule, tout en profitant d’une lumière magnifique sur les mosaïques bleues.
Contrairement au Kirghizistan où le 4×4 est roi, l’Ouzbékistan offre des options plus variées. Nous avons principalement utilisé le train (rapide ou de nuit), mais pour ceux qui souhaitent plus de liberté entre les cités historiques, la location de voiture est une excellente alternative.
Si vous choisissez de conduire, nous vous recommandons de passer par DiscoverCars.
C’est une plateforme fiable qui permet de comparer les loueurs locaux et internationaux à Tachkent ou Samarcande. C’est idéal pour explorer les environs à votre rythme sans dépendre des horaires de taxi.
L’Ouzbékistan est un pays riche, mais attention : si vous ne voyez que des cités historiques, vous risquez l’overdose de coupoles bleues et de médersas au bout de quelques jours.
Voici comment nous conseillons de découper votre séjour :
Voyager en Ouzbékistan avec des enfants, c’est jongler entre la démesure des monuments et des moments de vie beaucoup plus simples.
À Samarcande, on a évidemment pris une claque visuelle sur la place du Registan.
Le secret avec les filles, ça a été d’y retourner à la nuit tombée : les illuminations transforment le site en décor de conte de fées.
Même s’il faisait un peu froid, personne ne voulait repartir.
À Boukhara, notre grand coup de cœur, on a enfin pu lâcher les mains et flâner à pied dans les ruelles médiévales.
C’est une ville très sécurisante où les enfants peuvent déambuler sans stress.
On a passé beaucoup de temps dans les bazars couverts, car contrairement à d’autres pays, les vendeurs sont super respectueux et ne nous harcèlent pas.
On a aussi testé des visites plus interactives dans d’anciens caravansérails.
On en garde un souvenir mémorable : l’une de nos filles a dû littéralement couper sa respiration pour traverser une zone où l’eau pulvérisée pour rafraîchir l’air avait une odeur d’œuf pourri assez… inoubliable !
Enfin, à Tachkent, le clou du spectacle pour les enfants reste le métro.
Chaque station est une surprise, comme un musée souterrain pour le prix d’un bonbon.
Pour casser le rythme « vieilles pierres » et éviter l’overdose de bleu, on vous conseille vraiment de chercher des pépites architecturales comme le bâtiment Zhemchug ou de tenter une nuit en yourte dans le désert.
C’est ce mélange d’aventures qui fait que les enfants ne s’ennuient jamais.
La cuisine ouzbèke est un vrai régal pour les familles : elle est savoureuse, généreuse et surtout jamais pimentée.
Le roi de la table est le Plov (riz sauté aux carottes et à la viande), mais chaque ville a sa propre recette.
On retrouve aussi les Manty (gros raviolis vapeur) et les Samsa (chaussons croustillants), qui sont parfaits pour un déjeuner rapide sur le pouce dans les bazars.
Les enfants ne sont jamais dépaysés car le pain frais (le Non) est servi à chaque repas : rond, moelleux et souvent décoré, il accompagne tout, du petit-déjeuner au dîner.
Comme au Kirghizistan, la viande est omniprésente (mouton, bœuf et parfois cheval).
Pour les parents de petits mangeurs difficiles, pas d’inquiétude : on trouve très facilement des Shashlik (brochettes grillées) qui plaisent à tout coup.
Le petit « plus » en Ouzbékistan, c’est l’abondance de fruits : en septembre, les étals regorgent de melons et de pastèques d’une douceur incroyable, ce qui constitue le meilleur des desserts pour les enfants.
Côté boissons, le thé est sacré, mais le café commence à bien s’implanter dans les zones touristiques.
Cependant, pour une valeur sûre, on a gardé notre réflexe des stations-service qui proposent souvent de meilleures options de café à emporter que les petits restaurants de quartier.
Astuce santé : L’eau du robinet n’est pas potable en Ouzbékistan. Nous ne sortons jamais sans notre gourde filtrante ÖKO.
C’est l’accessoire indispensable pour voyager en famille : elle nous permet de remplir de l’eau n’importe où et de boire en toute sécurité tout en évitant d’acheter des centaines de bouteilles en plastique.
Lors de votre voyage en Ouzbékistan, rester connecté est essentiel pour naviguer dans les ruelles de Samarcande ou réserver un taxi via Yandex. Pour éviter de chercher une boutique locale à votre arrivée, nous vous recommandons d’utiliser une eSIM Saily.
C’est la solution la plus simple et la plus rapide : vous l’installez en quelques clics avant de partir et vous profitez d’internet dès que vous posez le pied à Tachkent. Fini les frais de roaming excessifs ou le changement fastidieux de carte SIM physique !
Bon plan : En passant par ce lien, profitez de 5 % de réduction sur votre forfait avec le code BINAVIBE5.
C’est l’itinéraire classique, intense mais spectaculaire, pour voir les joyaux de la Route de la Soie.
C’est la durée que nous recommandons pour inclure Khiva sans transformer le voyage en marathon et en évitant l’overdose de monuments.
Trois semaines, c’est le luxe de la flânerie. C’est ce que nous avons fait pour ne pas finir épuisés.
Cela permet d’ajouter des étapes plus sauvages comme la Mer d’Aral (Moynaq) depuis Khiva, ou de passer plus de temps dans les montagnes de Nurata pour vivre au rythme des villages ruraux.
C’est le timing idéal pour vraiment « sentir » le pays sans subir l’enchaînement des médersas.
En quittant l’Ouzbékistan, le sentiment est différent de celui du Kirghizistan. Si le Kirghizistan nous a appris la liberté sauvage, l’Ouzbékistan nous a plongés dans une richesse historique et humaine étourdissante.
Mais attention : le piège ici est de s’enfermer dans un tunnel de monuments. L’Ouzbékistan est un pays de contrastes, entre la splendeur figée des coupoles bleues et la vie bouillonnante des quartiers populaires et des villages ruraux.
Le vrai voyage, celui qui nous a marqués, ce n’est pas seulement d’avoir admiré le Registan. C’est d’avoir pris ce train de nuit un peu chaotique où l’on partage l’intimité des locaux, c’est d’avoir vu l’une de nos filles couper sa respiration pour éviter une odeur de soufre dans un vieux caravansérail, ou d’avoir discuté avec une gérante d’hôtel qui nous félicite sur l’éducation de nos enfants.
Mais pour savourer ces instants, il faut savoir ralentir. Si vous enchaînez les médersas comme on coche une liste de courses, vous finirez par ne plus rien « voir ».
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